COMPéTENCE D'ATTRIBUTION ou JUDICIAIRE

 

Le Conseil de Prud'hommes est la juridiction de jugement des litiges de droit du travail.


Organisation et compétence

Le Conseil de Prud’hommes est une juridiction de première instance ayant pour objet de juger tous les litiges individuels nés à l’occasion du contrat de travail entre personnes de droit privé ainsi que pour les personnels des services publics exerçant dans les conditions du droit privé ; il est également compétent en matière de contrat d'apprentissage et depuis le 28 juin 2005 pour les litiges concernant les assistant(e)s maternel(le)s et familiaux.

Il y a au moins un Conseil de Prud’hommes dans le ressort de chaque Tribunal de Grande Instance (3 dans les Vosges jusqu'au 3 décembre 2008 EPINAL-REMIREMONT & SAINT-DIE). REMIREMONT a été absorbé par EPINAL (Journal Officiel du 1er juin 2008).

Le Conseil de Prud’hommes compétent est en principe celui du lieu d’exécution du travail.

Dans chaque Conseil il existe une formation de référé, une juridiction de départage et 5 sections :

  • Activités diverses

  • Agriculture

  • Commerce et services commerciaux

  • Encadrement

  • Industrie

Chaque section est une juridiction autonome qui a compétence pour traiter des litiges correspondants à son intitulé et est composée d’au moins quatre conseillers salariés et quatre conseillers employeurs et constituée de :

  • un bureau de conciliation constitué d’un conseiller  salarié et d’un conseiller employeur

  • un bureau de jugement constitué de deux conseillers salariés et deux conseillers employeurs


Les conseillers prud’homaux ou plus communément les "prud'hommes" de l'ancien français homme preux (sage-prudent)

Le Conseil de Prud’hommes est composé d’un nombre égal d’employeurs et de salariés élus directement par les salariés et employeurs inscrits sur les listes électorales prud’homales.

Les conseillers prud’homaux sont élus pour 5 ans et rééligibles. La dernière élection s'est déroulée le mercredi 3 décembre 2008.

Les conseillers employeurs reçoivent une vacation pour l’exercice de leurs fonctions prud’homales.

Les conseillers du collège salarié peuvent exercer leurs fonctions durant leur temps de travail, perçoivent également une vacation ou sont rémunérés par leur employeur, de plus ils sont protégés contre le licenciement (de la même façon que les délégués syndicaux) pendant toute la durée de leur mandat et jusqu'à 6 mois après la fin de ce mandat.

Les conseillers salariés peuvent demander dès leur élection des autorisations d’absence (durée maximale 6 semaines par mandat) pour formation. Ils sont normalement rémunérés pendant cette période et ces autorisations ne peuvent leur être refusées.


La procédure prud’homale

En principe la procédure se fait en deux temps, une phase initiale de conciliation puis, à défaut d’accord entre les parties, un bureau de jugement. Il y a cependant certaines procédures (par exemple les référés) qui échappent à cette règle.

Les parties sont tenues de se présenter en personne devant le Conseil de Prud’hommes (pour les sociétés, elles doivent être présentes par l’intermédiaire de leur représentant légal en exercice). Si elles ne peuvent venir, elles doivent présenter un motif légitime (dont les conseillers prud’homaux sont libres d’apprécier la validité) et peuvent alors se faire représenter (pouvoir ou mandat écrit obligatoire).

Seules les personnes suivantes peuvent assister ou représenter quelqu’un devant le Conseil de Prud’hommes :

C'est l'article R.1453-2 du code du travail :

  • Les salariés ou les employeurs appartenant à la même branche d’activité

  • Les avocats

  • Les délégués permanents ou non permanents des organisations d'employeurs et de salariés

  • Le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité ( PACS), ou encore le concubin

  • L'employeur peut également se faire assister ou représenter par un membre de l’entreprise ou de l’établissement

  • Devant la cour d'appel, les parties peuvent aussi se faire assister ou représenter par un avoué.

Audience devant le bureau de conciliation

A cette occasion des mesures provisoires peuvent être demandées. Il s’agit des demandes portant :

  • sur la remise de documents administratifs que l’employeur est légalement obligé de remettre,

  • sur des  provisions sur salaires

  • sur des mesures d’instruction notamment la nomination d’un expert ou de conseillers rapporteurs qui auront pour mission d’instruire le dossier.

Les mesures prises en audience de conciliation sont exécutoires par provision et ne sont pas immédiatement susceptibles d’appel, l’appel de cette décision n’est possible qu’en même temps que l’appel de la décision finale.

Lors de cette audience de conciliation, les parties sont :

  • soit conciliées et un procès verbal de conciliation est alors établi,

  • soit renvoyées devant le bureau de jugement avec ou sans mesures provisoires

  • soit renvoyées en mesure d’instruction avec ou sans mesures provisoires (quand cette mesure est terminée, une date de bureau de jugement est alors fixée)

  • soit si les conseillers prud’homaux n’ont pu se mettre d’accord, renvoyées à une nouvelle audience de conciliation dite de départage au cours de laquelle un juge professionnel (juge départiteur) tranchera le désaccord des conseillers prud’homaux et rendra une décision (parmi les 3 possibles sus citées)

Audience devant le bureau de jugement

Lors de l’audience devant le bureau de jugement, les parties plaident, déposent leur dossier et font leurs demandes.

Le problème des renvois : les parties conduisent la procédure, les dossiers peuvent être renvoyés plusieurs mois voire plusieurs années à leur demande. Ce n'est jamais à la requête du Conseil de Prud'hommes. Sur ce point la "lenteur" de la Justice souvent dénoncée est le fait des parties.

A l’issue de l'audience du bureau de jugement où est plaidée l'affaire, immédiatement ou quelques semaines plus tard une décision est rendue :

  • soit une décision tranchant le litige est rendue

  • soit une mesure d’instruction est ordonnée

  • soit les conseillers prud’homaux n’ont pu se mettre d’accord, renvoyées à une nouvelle audience de conciliation dite de départage au cours de laquelle un juge professionnel tranchera le désaccord des conseillers prud’homaux et rendra une décision (parmi les 2 possibles sus-citées)

La décision est notifiée aux parties par le greffe du Conseil de Prud’hommes en lettre recommandée avec accusé de réception qui fait courir les délais d’appel (un mois) ou de pourvoi (deux mois).

La décision est susceptible d’appel seulement si les demandes initiales sont indéterminées ou excèdent une somme fixée par décret (4 000 € actuellement).

L’appel (qui se fait depuis le 1er janvier 2005 directement à la Cour d'Appel de NANCY) est suspensif de la décision sauf en ce qui concerne les décisions assorties de l’exécution provisoire, en appel l’affaire est totalement rejugée, par des juges professionnels.

Le pourvoi en cassation n’est pas suspensif d’exécution et l’affaire n’y est pas rejugée, seule la validité de l’application des règles de droit est vérifiée.


Autres attributions du Conseil de Prud'hommes :

Le Greffe est dépositaire des accords d'entreprise (une centaine par an) et enregistre obligatoirement les règlements intérieurs (Art. L.1321-4 & R.1321-2 du code du travail).

Le Conseil de Prud'hommes ordonne le remboursement par l'employeur fautif à l'ASSEDIC des indemnités de chômage payées au travailleur licencié du jour de son licenciement au jour du jugement prononcé (cas du licenciement reconnu sans cause réelle et sérieuse).


Un droit de timbre a été institué depuis le 1er octobre 2011 et fixé à 35 € pour tout demandeur

Vos ressources ne vous permettent pas de payer un défenseur ; renseignez-vous, vous avez peut-être droit au bénéfice de l'AIDE JURIDICTIONNELLE voir également les Conditions à remplir sur le site du Ministère de la Justice rubrique Aide Juridictionnelle.


Vous cherchez d'autres renseignements :

Sur les différents Codes en vigueur : http://www.legifrance.gouv.fr

Sur les Conventions Collectives : http://www.legifrance.gouv.fr

Naviguez sur le site officiel de la législation française.

 

Vous voulez nous écrire pour d'autres renseignements sur la procédure : cph-epinal@justice.fr

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